Année d’investissement
2026
Secteur
FinTech – Paie
Fondateurs
Baptiste Le Bihan
Félix Wattez
Thomas de Priestere
Linc est une startup française spécialisée dans les logiciels de paie nouvelle génération pour les cabinets d’expertise comptable. Elle se positionne comme un acteur innovant de la fiabilisation des données sociales et de la conformité des processus, en proposant une solution simple, lisible et performante.
Comment est née Linc, et quelle trajectoire a connu l’entreprise depuis sa création ?
Linc est née en 2024. Nous avons fondé l’entreprise avec une connaissance intime du secteur. Thomas a 15 ans de paie derrière lui : il a commencé gestionnaire de paie en cabinet, avant de passer côté éditeur chez Sage. Baptiste a 10 ans d’expérience dans la paie. Félix, notre CTO, vient de l’écosystème fintech (Swan), où il a construit des produits dans des environnements ultra-réglementés. Le constat de départ est simple : la paie française est la plus complexe au monde, et le marché entre dans une nouvelle phase.
Les acteurs historiques ont structuré la profession au cours des 15 dernières années, et l’arrivée de l’IA crée aujourd’hui une fenêtre unique pour repenser ce que doit être un logiciel de paie moderne.
Notre conviction : la transparence est le nouveau socle de confiance, et la paie doit rester entre les mains des experts, avec un outil à leur hauteur.
Nous avons donc repris le moteur de paie de zéro, nativement pensé pour l’IA : chaque ligne de calcul est traçable et s’explique, textes de loi à l’appui ; des contrôles automatiques tournent avant la DSN ; les conventions s’ajoutent sans tout réécrire. L’IA muscle l’expert, elle ne le remplace pas.
Mais le logiciel n’est qu’un point d’entrée. Ce que nous accompagnons en parallèle, c’est une transformation plus profonde du métier, exactement celle que la comptabilité a connue ces dernières années. Le gestionnaire de paie évolue d’un rôle d’opérateur (production + contrôle) vers un rôle de conseiller stratégique pour les PME. C’est une opportunité immense pour les cabinets : La grande majorité des entreprises françaises n’ont pas de DRH, et le cabinet est leur premier point d’entrée de confiance sur les sujets sociaux et RH. Notre rôle est de donner aux cabinets les moyens technologiques et humains de saisir cette opportunité.
Côté trajectoire : neuf mois après les premières lignes de code, nous avions des bulletins en production. Aujourd’hui, après 18 mois en production réelle, 60 cabinets nous utilisent en production pour la paie de centaines de clients et de milliers de bulletins. Nous accueillons une dizaine de nouveaux cabinets chaque mois, l’essentiel par bouche-à-oreille.
Nous venons d’annoncer une levée de 8,5 M€, qui porte notre financement total à 12,5 M€, avec plus de 100 figures de l’écosystème paie, RH, expertise comptable et fintech à notre capital, dont de nombreux dirigeants de cabinet.
Qu’est-ce qui vous a motivé à choisir ADNEXUS comme partenaire financier ?
Adnexus n’est pas un fonds généraliste, et c’est précisément ce qui nous a parlé. C’est le fonds du Groupe ADSN, dont le métier historique est l’infrastructure de confiance des professions réglementées. Leur thèse, la confiance numérique, la donnée sensible, les métiers normés, recoupe exactement notre terrain : la paie en cabinet, c’est de la donnée critique, un métier réglementé, une exigence de fiabilité absolue.
Trois choses, concrètement. D’abord, ils comprennent, sans qu’on ait à l’expliquer, pourquoi la transparence et l’auditabilité sont au cœur de notre produit. Ensuite, ils connaissent en profondeur les professions réglementées et la façon de s’y adresser. Enfin, l’équipe que nous avons rencontrée tout au long du process combine une vraie expertise des métiers réglementés et une discipline d’investisseur exigeante.
Cette double casquette est rare, et c’est exactement ce qui nous a convaincus. Nous cherchions un partenaire qui partage notre conviction de long terme et notre lecture du marché, pas seulement un chèque. Avec Adnexus, l’alignement était là dès le départ.
Quelle est votre ambition sur le marché des professions réglementées?
Notre ambition est de devenir le nouveau leader de la paie pour les cabinets français. Remettre le métier au centre, le rendre stratégique, le faire entrer dans l’ère de l’IA.
Cela suppose une base incontournable : la fiabilité, sur un scope réglementaire le plus large possible. Déjà 18 mois en production sur les conventions les plus complexes (HCR, BTP, Transports routiers), un audit mensuel externe, et un moteur entièrement transparent. Sans ce socle, toute promesse d’innovation reste théorique. Et c’est sur ce socle qu’on peut vraiment déplacer la frontière.
Linc est né à l’ère de l’IA, avec une architecture nativement pensée pour en tirer parti à tous les niveaux du produit. C’est un avantage structurel face aux acteurs historiques, qui ne pourront pas le rattraper sur des bases anciennes. À 18 mois, nous visons 500 cabinets clients et 5M€ de CA récurrent. À 5 ans, 2 millions de bulletins par mois, soit environ 10% du privé français.
Il y a enfin un enjeu de fond que la profession nous remonte de plus en plus : la souveraineté technologique sur la paie française n’est pas négociable. Notre pari, c’est que cette catégorie bascule du côté des professionnels qui font la paie, avec un outil français, auditable, transparent, augmenté par l’IA.